ANDRE DEVAMBEZ

DOUZE EAUX-FORTES

EXPOSITION TEMPORAIRE
COLL. PARTICULIERE


André Devambez est né en 1867 à Paris. Son père Edouard fait ses armes en tant que graveur puis fonde la maison d'édition Devambez qui, à la fin du XIXe siècle, devient un établissement de grand renom. La maison Devambez regroupe des activités de papeterie de luxe, d'impression d'ouvrages et d'estampes d'art, de gravure héraldique et de galerie d'exposition. André montre rapidement des talents pour le dessin en travaillant avec son père. Désireux d'être artiste, il se forme à l’École des Beaux-Arts à Paris puis auprès de Benjamin Constant à l'Académie Julian fondée quelques années plus tôt.
Devambez est attiré par des sujets modernes caractéristiques des engouements de son époque tels l'aviation, le métro, le cinématographe, les grands théâtres parisiens mais il s'intéresse aussi à l'histoire et aux univers oniriques. Il compose de nombreuses œuvres en choisissant des perspectives plongeantes où, parfois, les personnages apparaissent en multitudes disséminées dans ses décors...

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LE THÈME DU MOMENT

LA PLUIE


La pluie tombe.
Continue, dense et lourde, elle pénètre ignorant protections et tissus. Elle cherche la chair.
Cette pluie, le poilu la redoute. Sur la route, il avance en maudissant la sueur et l'eau qui se mêlent et trempent tout le corps, ses camarades à ses côtés, tous groupés dans l'effort.
Dans la tranchée, de vrais ruisseaux se forment. La terre disparait, se noie, se mue en une bouillie qui devient bientôt une fange nauséabonde. La crainte c'est maintenant la boue qui tout à l'heure, ce soir, demain peut être avalera chacun. Le corps transi et l'âme engourdie.

LOUIS BARTHAS

La pluie tombait toujours, elle tomba toute la nuit ; les parois de la tranchée s'éboulaient et, malgrè la pente très vive, en certains endroits l'eau s'accumulait, arrêtée par les éboulements. Au fond le ruisseau montait, les eaux s'étendaient, s'avançaient vers nous en un vaste étang, les sentinelles ne veillaient plus, fuyant cette inondation, cet enlisement. Les uns abandonnèrent la tranchée, d'autres s'acharnaient à creuser des trous individuels qui s'effondraient presque aussitôt.

L’Argonnaute

Une heure, deux heures, trois heures, le temps se traîne comme paralysé. Cette veille ne finira donc jamais. La fatigue devient de la stupeur. Celui qui ne voulait pas dormir sent qu'il va fermer les yeux, mais, il ne dormira pas. Il sentira le froid, la pluie, il sombrera parfois dans une inconscience rapide, mais il ne s'évadera pas complètement dans le bon sommeil de la brute, le sommeil sans rêves et sans lueurs. Toujours la pluie, toujours l'hiver, toujours l'ombre.

JEAN GALTIER-BOISSIÈRE

Il pleut à verse. Le creux où nous reposons est plein d'eau... Les rafales de pluie cinglent de biais ; nous sommes transpercés. Ma capote, toute raide, est saturée d'eau ; la pluie me coule dans le cou, le long du dos ; mon pantalon trempé me colle aux cuisses ; mes godillots sont plein d'eau... Il pleut, il pleut toujours ; quelle misère ! ... C'est une douche froide. Je grelotte, mes dents claquent... "Tu parles d'un bain !" me souffle un homme... Il ajoute : "Qu'est-ce qu'ils prennent les boches!"

JEAN GALTIER-BOISSIÈREEn rase campagne, 1914

LE DESSIN DU MOMENT

LA CHARGE MODERNE

MAURICE LE POITEVIN, 1915
COLL. HISTORIAL DE PÉRONNE


Quatre soldats sont dressés face au danger. Ils portent des protections contre les gaz. Derrière eux, des nuages inquiétants semblent expliquer leur équipement. Si l'on se réfère littéralement au titre de l’œuvre et que l'on observe la position du soldat équipé d'un fusil baïonnette au canon, on comprend qu'ils s'apprêtent à donner l'assaut. Mais est-ce si sûr? Le premier d'entre eux reconnaissable à son képi - peut-être le chef du groupe mais aucun grade n'est visible - mène le mouvement du groupe. Ses bras écartés peuvent tout aussi bien l'aider à se hisser pour observer ce qui lui fait face qu'indiquer à ses hommes de rester groupés et d'attendre. L'artiste a essayé de charger l'expression des corps tendus pour compenser la disparition des visages. Le thème des soldats masqués a été souvent traité dans les œuvres de la Grande Guerre : n'y-a-t-il pas plus clair symbole pour une guerre déshumanisante ?

LE POÈME DU MOMENT

CHER PEUPLE


Ô cher peuple, entends ces bavards :
Ils t'ont depuis peu découvert
À la lueur de l'incendie
Et te décernent un amour
Et une grandeur mesurés
À la longueur de ton martyre.

Ce n'est pas t'admirer que je puis, douloureux frère;
Ma voix n'est pas la voix qui chantera tes plaies,
Tes râles, ton supplice, et ce charnier honteux.



J'ai pitié des troupeaux arrachés aux prairies
Qui entrent dans la ville, harcelés par les chiens,
Les yeux hagards de peur, de faim et de fatigue
Et se bousculent vers la mort ;
Mais je ne saurais pas les accoutrer de gloire.

Frère, hélas! je n'avais pas besoin pour t'aimer
De te voir étendu saignant et mutilé.

Je n'ai pas eu besoin d'attendre que tu sois
Un pauvre mort jeté la face dans la boue
Pour te louer, mon frère, et me louer de toi.






CHARLES VILDRAC (1882-1971)
Cher Peuple, extrait du recueil Chants du désespéré (1914-1920), éd. Gallimard

Poète, auteur dramatique à succès et marchand d'art, Charles Vildrac fût très marqué par son expérience de la guerre. "Ces poèmes dont l'écriture sans pathos ni afféteries impose une sonorité frontale, apparaissent sans autre exemple en poésie française à propos de ces temps voués au massacre de masse." (notice autobiographique, éditions Gallimard)

Portrait au fusain de Charles Vildrac par André Aaron Bilis



Le jus - Sem



PORTFOLIO

TOUS LES DESSINS

LA COLLECTION —


Les œuvres rassemblées sur ce site sont des dessins réalisés par des artistes contemporains de la Grande Guerre qui furent pour certains également combattants.
Ces dessins sont accompagnés de textes de journaux de tranchées, de témoignages écrits d'anciens soldats ou d'extraits d'oeuvres littéraires traitant du conflit.

Le site présente environ 80 dessins.

Ils ont été regroupés en galeries thématiques illustrant la vie des soldats durant la guerre : la tranchée, le répit, le feu, la route, la mort ... continuer à lire l'intro
 

VERDUN

S'AFFICHE

— GALERIE THÉMATIQUE
Afin de promouvoir les films sur la bataille de Verdun ou le tourisme vers la cité meusienne, les affichistes ont conçu des illustrations évoquant les figures liées à cette bataille exceptionnelle. Le héros-combattant prêt au sacrifice, le soldat français défenseur de la civilisation, les ruines témoignant de la souffrance de la ville...

VERDUN

EN DESSINS

— GALERIE THÉMATIQUE
Il faut peu de temps aux artistes pour commencer à produire des œuvres ayant pour sujet la bataille de Verdun. Dès mars 1916, les premiers voyages sur le terrain ont lieu et les premières illustrations paraissent dans la presse. François Flameng, peintre du ministère de la Guerre, est sur place quelques semaines...

COLONIAUX

JULIEN LE BLANT

— GALERIE THÉMATIQUE
En 1919, les troupes occupantes françaises sur la rive gauche du Rhin sont pour un quart des troupes coloniales : RICM, tirailleurs, zouaves, spahis... Julien Le Blant, artiste-peintre missionné en 1917, les rejoint en 1919. Il va y réaliser une série de portraits en pied sur lesquels il note scrupuleusement le nom de ses modèles, leur affectation et plus étonnant leur métier civil...

DESSINS DE GUERRE

SEM, 1915-1916

— ALBUM

GARE DE L'EST

JULIEN LE BLANT

— ALBUM





 

DES POILUS

ETUDES & PORTRAITS

— ALBUM


DES RESSOURCES

INVENTAIRE

LE MEILLEUR DU NET —
 
Nous vous proposons un essai d'inventaire des ressources en lignes de dessins, estampes et peintures de la Première Guerre mondiale. Sites institutionnels de bibliothèques physiques, collections en lignes, sites d'archives, sites personnels... le meilleur du net est présenté dans une page dédiée.





Les logos et références aux sites institutionnels visibles ci-dessus sont présentés au titre de simple illustration. En aucun cas, ils ne traduisent une quelconque participation ou caution au contenu de notre page d'inventaire.


JACQUES MEYER

Mes oreilles se sont faites au bombardement, qui, par un hasard heureux, nous épargne presque toute la journée et ne s'exerce guère qu'en arrière de nous, ce dont je ne me soucie plus. De temps à autre, je glisse un coup d'oeil au dessus du parapet et ne vois toujours devant moi que la masse vert sombre des bois que tiennent les Boches, et la partie inclinée du terrain qui descend vers le ravin où se cache le village de Tahure. C'est bien ça la guerre : du silence, coupé de sonorités brutales; pas trace de vie; les seules formes visibles à l'horizon sont des formes inertes.

JACQUES MEYERLa Biffe, 1928
PAUL LINTIER

L'angoisse m'étrangle. Ce bouillonnement d'animalité et de pensée, qui est ma vie, tout à l'heure va cesser. Sur les perspectives de l'avenir qui toujours sont pleines de soleil, un grand rideau tombe. C'est fini! ... je n'ai que vingt et un ans. Ah! si j'échappe à l'hécatombe, comme je saurai vivre! Je ne pensais pas qu'il y eût une joie à respirer, à ouvrir les yeux sur la lumière, à se laisser pénétrer par elle, à avoir chaud, à avoir froid, à souffrir même. (...). Si je vois la fin de cette guerre, je saurai arrêter toutes les heures, sentir passer toutes les secondes de vie, comme une eau délicieuse et fraîche qu'on sent couler entre ses doigts.

PAUL LINTIERMa pièce

MOTS CHOISIS

POETES, TEMOINS, ECRIVAINS...








 

HENRI DE MONTHERLANT

J'ai lavé ton front, tête vide, défait les cuirs sur tes reins étroits, défait le col sur ton sein aride. Pauvre corps, qu'a-t-on fait de toi! Tu priais que passât ce calice. Je tairai tes yeux tournoyants. Frère du choix plus fort que le sang, Qu'avais-tu fait pour qu'on te punisse ? (...)

HENRI DE MONTHERLANTA un aspirant tué
Soldat Jean PUTOT

Supporter un bombardement que l'on sait devoir être de courte durée est déjà pénible; mais comment est-il possible de tenir sous un bombardement sans fin ? Combien démoralisante aussi cette arrivée des obus de gros calibres. D'abord, une détonation paraissant lointaine, c'est le coup de départ; puis un ronronnement paresseux qui, progressivement, s'anime; l'esprit comme fasciné, vous sentez que cet engin est pour vous, vient sur vous. Le ronron se rapproche toujours; il devient très distinct et progressif; vous retenez votre respiration en vous posant la question : que va-t-il se passer ? le "ronron" se termine; c'est le point de chute, l'éclatement, vous sentez votre cœur qui se décroche...

Soldat Jean PUTOTVERDUN de Jacques PERICARD


 


AGIR POUR CONCILIER HOMMAGE ET SERVICE A L'HISTOIRE,

cela est possible en participant à l'indexation collaborative que propose le site Mémoire des Hommes. Soyez celle ou celui qui saisira les informations concernant votre aïeul mort pour la France, les soldats de son village, ceux de son régiment... Et si vous souhaitez vous engager sur la durée, participez au défi 'Un jour, un poilu' : un hommage quotidien à un poilu qui a donné sa vie il y a cent ans. Une belle action sur laquelle vous pouvez communiquer sur Twitter (avec le hashtag #1J1P) et sur Facebook.


BONNES IMPRESSIONS

LECTURES, SOUVENIRS, POÈMES, DESSINS...

NOTES, AVIS, ARTICLES, LIENS —

PRIÈRE IMPIE
JACQUES LAVOINE, tué en Champagne le 17 avril 1917
POÈME —
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Soleil, entends la seule et dernière prière
D'un qui est plein de vie et qui sera demain
Mort peut-être et couché loin de tout cimetière,
Les yeux ouverts encore à ton rayon lointain.
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Que m'importe à moi, pétri de pure argile,
Les dieux indifférents et les vains paradis ;
Que m'importent aussi tous les regrets fragiles,
Les pleurs qu'un jour, qu'un mois, qu'un an auront taris ?
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Soleil générateur des mondes et des hommes,
Seule divinité créatrice de vie,
Toi qui seul, étranger à ce monde où nous sommes,
Nous atteins par delà l'étendue infinie,
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Soleil, qui nais et meurs dans l'éclat vif des fleurs,
Qui crées au cœur la joie et rends précieux l'or,
Soleil, dont la blancheur contient toute couleur,
Soleil, qui rends la vie au miroir des yeux morts,
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O Soleil, puisses tu, pour mes heures dernières,
Splendir superbement comme aux beaux jours d'été !
Soleil, entends la seule et dernière prière
D'un qui, plus que la Vie, adora la Beauté !
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Extrait du recueil Jacques Lavoine, Mort pour la France, 1896-1917, éd. du Nouveau Mercure, 1918.
Jacques Lavoine, poète de 21 ans est tué au Mont Cornillet le matin du 17 avril 1917.
Son recueil, très touchant, mêle poèmes et impressions de guerre. Prière impie apparait rayée sur son carnet.
PORTRAIT(S) DE SOLDAT(S)
GUILLAUME ERNEST PELLUS
DESSIN, source Europeana 1914-1918
Guillaume Pellus a 36 ans en 1914 et est mobilisé au 141ème régiment d'infanterie. Ses carnets de croquis sont parmi les plus captivants qu'on puisse trouver en ligne : portraits de ses camarades, paysages, tranchées, scènes du quotidien et de multiples attitudes de soldats parfois sereins et détendus, parfois tendus et inquiets.
OUVRAGE COLLECTIF, ÉD. SOMOGY

Quand survient la guerre, Xavier Josso n'a pas vingt ans et étudie les arts décoratifs à Paris. Il dessine depuis l'adolescence porté par une famille à la fibre artistique. Il est mobilisé dès septembre et fait ses classes loin du feu meurtrier de ces premiers mois qui coûteront la vie à son frère ainé. Sous le drapeau du 161è régiment d'infanterie, il est envoyé en Argonne comme simple soldat mais avec dans son barda de quoi continuer à pratiquer son art du dessin.

Josso connait ses premiers combats au Bois de la Gruerie dès janvier, là même où Mathurin Méheut dessinera aussi ses camarades quelques mois plus tard. Durant cinq années où il va connaître les durs combats, les blessures, les convalescences, le repos et la camaraderie des tranchées, Xavier Josso dessine. Ce sont ainsi près de trois cents œuvres qu'il réalise au crayon, à l'encre, au fusain rehaussant certains dessins au lavis ou à l'aquarelle.

Son inspiration va vers ses camarades : silhouettes de soldats occupés à des tâches quotidiennes ou portraits de "copains" parfois crayonnés sur un carnet au papier ordinaire. Il dessine aussi souvent les villages qu'il traverse ou les vues qui s'offrent à lui durant les jours de repos...

UN DESSINATEUR ET UN COMTE DANS LA GRANDE GUERRE
OUVRAGE —
Henri Rouillon, dessinateur, a 36 ans en 1914. Le comte Henry de Maillard, né au Château de la Combe en Dordogne a, lui, 40 ans et vit de ses rentes. Tous deux sont mobilisés au 94ème Régiment d'Infanterie Territoriale et tiennent un journal de guerre. Celui d'Henri est agrémenté de dessins au graphisme élégant et sûr. Leurs journaux croisés témoignent d'une expérience commune confrontée à des origines sociales différentes.
TOUT N'EST PEUT-ÊTRE PAS PERDU
RENÉ ARCOS
POÈME —
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Tout n’est peut-être pas perdu
Puisqu’il nous reste au fond de l’être
Plus de richesses et de gloire
Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre;
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Plus de tendresse au fond du coeur
Que tous les canons ne peuvent de haine
Et plus d’allégresse pour l’ascension
Que le plus haut pic n’en pourra lasser.
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Peut-être que rien n’est perdu
Puisqu’il nous reste ce regard
Qui contemple au-delà du siècle
L’image d’un autre univers.
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Rien n’est perdu puisqu’il suffit
Qu’un seul de nous dans la tourmente
Reste pareil à ce qu’il fut
Pour sauver tout l’espoir du monde.
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Extrait du recueil Le Sang des autres, éd. du Sablier, Genève,1919.
Huit illustrations du graveur Frans Masereel accompagnent les vers de l'auteur.
Ce poème apparait dans Les poètes contre la guerre. Anthologie de la poésie française 1914-1919 aux mêmes éditions du Sablier, 1920 et dans le tout récent Poèmes de poilus, anthologie de poèmes français, anglais, allemands, italiens, russes dirigée par Guillaume Picon, Points, 2014.
MATHILDE BENOISTEL ET LAËTITIA DESSERRIÈRES, ÉD. OUEST FRANCE

Cet album paru en 2015 rassemble des œuvres de peintres et illustrateurs de la Première Guerre mondiale. Cette sélection est composée à partir des collections du musée de l'Armée et d'un fonds de dessins du peintre combattant Xavier Josso conservé au musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux.

La préface de François Lagrange, d'un lyrisme bienvenu, éclaire le découpage du livre en quatre parties ("Entrer en guerre", "Le monde des tranchées", "Les hommes dans la guerre" et "Finir la guerre") et explique les raisons pour lesquelles les textes choisis sont, pour la plupart, dus à des écrivains célèbres, ayant eux-mêmes connu la guerre...

SOLDATS TRANSPORTANT DES OBUS
ERNEST LOUIS LESSIEUX
GALERIE DE DESSINS, source BDIC base Argonnaute
Ces études qui montrent des scènes rares de portage d'obus sont dues à Ernest Louis Lessieux dont on peux admirer de nombreux dessins dans la base Argonnaute de la BDIC.
SOLDAT DANS L'ÉGLISE DE VERMELLES, JUIN 1916
PAUL SARRUT
DESSIN, source Europeana 1914-1918
Paul Sarrut a été un observateur attentif des troupes britanniques et indiennes installées dans le nord de la France. Il représente ici un soldat qui semble prier et chercher le réconfort dans un lieu pourtant désolé : l'église détruite de Vermelles dans le Pas-de-Calais. Ce village appartenait à un secteur très exposé où de violents combats eurent lieu.
QUE RESTE-T-IL DE LA GRANDE GUERRE ?
CENTRE MONDIAL DE LA PAIX
EXPO —
Le Centre Mondial de la Paix de Verdun propose cette exposition qui s'interroge sur l'héritage de la guerre : muséographie très moderne, objets et œuvres issus de la Collection Diors, écrin superbe qu'est le Palais épiscopal aux murs patinés... une belle réussite. Comme cette exposition, où l'image joue une rôle très important, est ouverte jusqu'à fin 2018, l'accrochage est amené à varier fréquemment.
TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS BLESSÉS
CHARLES HOFFBAUER
DESSIN, La collection
LUCIEN JONAS
FUSAINS
1915-1917 (Vol. 1)
1917-1918 (Vol. 2)
OUVRAGES —
Ecrivain passionné, Jean-Paul Fontanon est un grand amateur du travail de Lucien Jonas et plus particulièrement des fusains que celui-ci a réalisé durant le conflit. Ces dessins sont loin de l'imagerie patriotique qui a fait connaître l'artiste dans les illustrés à grand tirage. L'essentiel de cette œuvre est constitué de portraits de figures officielles mais surtout de poilus et de soldats de nationalités diverses. Jean-Paul Fontanon a rassemblé dans ces deux volumes une grande partie de sa collection qui nous montre ces visages authentiques sortis de l'oubli cent ans après.
VERDUN
ANDRÉ DEVAMBEZ
DESSIN, Verdun en dessins
Sans fioriture, Devambez, réalise ce "Verdun" en mettant en scène des brancardiers transportant un blessé ou un mort (ce qu'évoquerait plutôt le bras ballant). La composition présente un ciel, sans doute, crépusculaire...
L'ILLUSTRATION, LA GRANDE GUERRE TELLE QUE LES FRANÇAIS L'ONT VECUE
OUVRAGE —
Voilà une bonne idée que d'éditer ce grand album reproduisant les articles et les illustrations parues dans le fameux hebdomadaire de la rue Saint-Georges à Paris durant les quatre années du conflit. La mise en page est plus moderne que l'original et intègre, par exemple, des mises en couleurs (souvent assez discrètes) de certaines illustrations mais le contenu respecte scrupuleusement l'original avec parcimonieusement quelques précisions actuelles sur certaines pages. Une occasion rare et agréable de lire ce qui s'écrivait durant la guerre.



L'Humanité est maudite, si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement ____Jean JAURES.