Gardes des voies et communications , 1916

N

ous luttons contre le froid comme nous pouvons. La bise nous larde, nous taillade de ses tranchants d'acier. Notre calot nous protège les oreilles et le front, un cache-nez nous entoure le bas du visage, nous ne découvrons que nos yeux dont la cornée se glace, qui enregistrent des images floues, comme si nous les tenions sous l'eau. Sur cet édifice de chiffons est juché notre casque, comme un toit de tôle branlant, et, par-dessus encore, parfois, la couverture qui retombe sur nos épaules, formant guérite.

Gabriel Chevallier,
La peur, 1930

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