Artillerie embourbée

 
L

a mare huileuse, d'une profondeur inquiétante, vous attend, vous attire, le devoir vous pousse par les épaules. Par une de ces résolutions folles qui vous jettent sur le parapet un matin de grande offensive, on risque le bain immonde. L'eau pénètre dans vos souliers avec le glougloutement des bouteilles vides, tandis que par derrière, le pan de votre capote s'arrondit gracieusement, ainsi que le voile léger d'une ondine (...) La boue camoufle l'homme de la tête aux pieds, éteignant sous sa cendre la diversité des âges et des physionomies.

Le bulletin désarmé,
journal de tranchée, mars 1918

Les dessins de Léon Broquet

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