Notes sur le dessin : 31 août 1914, Bois de Septsages ... de la 9ème escouade...du combat...disparu à la tranchée de Calonne [no 19]

Notes sur le dessin : 12 avril 1915, Hôpital d'Antibes, Dejean, mon voisin de lit, l'homme à la tête pointue [no 141]

Arthur-Edmond Guillez, un "camoufleur" mort pour la France LES CROQUIS D'UN GRAVEUR

Dès la fin du mois d'août 1914, Arthur-Edmond Guillez mobilisé au 132ème régiment d'infanterie dessine, dans ses carnets, les visages de ses camarades de combat. Il y note, parfois, d'une écriture mal assurée la date et le lieu d’exécution. L'artiste, qui a alors vingt neuf ans, dessine fréquemment ainsi au cours de cette période alors que son régiment formant brigade avec le 106ème R.I. prend position dans la plaine de la  Woëvre. D'octobre 1914 jusqu'en février 1915, il participe, en tant qu'agent de liaison, à la bataille des Éparges qui fût si meurtrière. Mais en mars 1915, ses dessins témoignent qu'il est convalescent à l'hôpital militaire de Gondrecourt dans la Meuse. Il a été évacué pour une fièvre typhoïde. Il va continuer là ses portraits de soldats. Blessés, souffrants, ceux ci apparaissent souvent vulnérables et abandonnés sous les traits de son crayon ou de sa plume. Évacué à Antibes (à l'hôpital qui occupe le Grand Hôtel de la place Macé aujourd'hui place Charles de Gaulle), il y réalise quelques uns de ses portraits parmi les plus touchants. Dans ces pages où se reconnait la technique du graveur, à côté de ces multiples portraits de soldats, on trouve quelques paysages, des portraits de civils et des dessins témoignant des destructions de la guerre. C'est cette période 1914-début 1915 qui est principalement représentée dans les Quarante croquis de Guerre.

Recouvrant la santé, Guillez rejoint une section de camouflage en septembre 1915 en tant que chef d'équipe. Parfois exposées au tir dans leurs missions d'observation ou de mise en place, les sections de camouflage comptent parmi les artistes, les artisans et les autres personnels, de grands blessés (comme André Devambez) et des tués. En avril 1916, un obus qui éclate blesse Guillez qui est alors écrasé sous la plaque de blindage qu'il transportait. Ses conditions d'évacuation vont favoriser le développement d'une infection pulmonaire qui va l'emporter en trois mois à l'hôpital de Chalons-sur-Marne.
Sa famille inconsolable publie en 1917 deux albums de reproductions en fac-similés des dessins de ses carnets : Quarante croquis de guerre présenté ici et préfacé par son ancien professeur à l’École des beaux-arts de Paris (Luc-Olivier Merson) et Têtes de femmes, vingt deux dessins précédés d'une introduction de Lucien Descaves. Ce dernier album reprend des portraits de "Lolottes et de Carmens de garnison" fréquentant des "endroits où les soldats désœuvrés vont passer la soirée...". En 1926, est paru également Études et croquis, cinquante planches précédées d'un portrait de l'artiste.
Les dessins originaux et les œuvres peintes ont fait l'objet de dons successifs de la part de la mère de l'artiste. Ils sont aujourd'hui conservés au Centre Pompidou et au musée des beaux-arts de Valenciennes, ville natale du graveur.
Après la guerre, son corps a été rapatrié et a rejoint le petit cimetière Saint Vincent à Montmartre. Sur sa tombe, on peut observer un buste le représentant et, sous un bas relief, ses dernières paroles : "La conscience dans l'Art".
 

Les dessins de l'album LES PORTRAITS DE SOLDATS



Les dessins de l'album SCÉNES, PAYSAGES ET AUTRES PORTRAITS