L'angoisse m'étrangle. Ce bouillonnement d'animalité et de pensée, qui est ma vie, tout à l'heure va cesser. Sur les perspectives de l'avenir qui toujours sont pleines de soleil, un grand rideau tombe. C'est fini! ... je n'ai que vingt et un ans.
Ah! si j'échappe à l'hécatombe, comme je saurai vivre! Je ne pensais pas qu'il y eût une joie à respirer, à ouvrir les yeux sur la lumière, à se laisser pénétrer par elle, à avoir chaud, à avoir froid, à souffrir même. (...). Si je vois la fin de cette guerre, je saurai arrêter toutes les heures, sentir passer toutes les secondes de vie, comme une eau délicieuse et fraîche qu'on sent couler entre ses doigts.