Pierre Vaillant, artiste Chartrain, sous-officier dans la territoriale pendant la guerre

Chartres et l’Eure-et-Loir

Fig. 1 – Vieux Chartres – rue des Changes

Fig. 2 – Théâtre de Châteaudun, du à Émile Vaillant, vers 1910

— UNE FORMATION CLASSIQUE AUX BEAUX-ARTS

Pierre Vaillant est un peintre et graveur né à Paris en 18781. Il est le fils d’Émile Vaillant, architecte formé aux Beaux-Arts qui, cette même année, est nommé en Eure-et-Loir au poste d’architecte départemental. Dès lors, la famille s’installe à Chartres où Pierre et son frère cadet Paul passent leur enfance.
Les flèches de la cathédrale, les paysages de la Beauce et ses paysans, le patrimoine architectural de la région éclairé par le savoir paternel forment le cadre quotidien du futur artiste. Pierre restera sensible aux scènes de la vie simple qu’il peut observer dans les petites villes du département où œuvre son père, bâtisseur de nombreuses écoles, mairies et hôpitaux mais aussi d’ouvrages admirés comme le théâtre à l’italienne de Châteaudun.

En 1895, les deux frères perdent leur mère âgée alors de 44 ans. Pierre a 17 ans. Cet événement dramatique intervient alors que s’achèvent ses études secondaires et que son intérêt pour le dessin et la peinture le conduise, avec le soutien de son père, à passer le concours de l’École des Beaux-Arts à Paris où il est admis.
En 1895, cela fait trente ans que le premier salon dit « des refusés » a présenté des œuvres s’écartant des règles académiques de représentation enseignées aux Beaux-Arts, vingt ans qu’a eu lieu la première exposition des artistes dits « impressionnistes », quatorze ans que le salon officiel (devenu Salon des Artistes français) a perdu son monopole d’exposer les artistes, permettant ainsi l’éclosion du Salon des Indépendants en 1884 et, plus tard, en 1903, du Salon d’Automne, attaché aux mouvements d’avant-garde.

A quelques années du nouveau siècle, l’enseignement aux Beaux-Arts repose toujours sur un apprentissage rigoureux et contraint du dessin, souvent d’après modèles, sur l’observation de l’anatomie humaine, sur un contrôle du respect des techniques classiques opéré par quelques grands maîtres en atelier, ceci pour respecter avant tout formes et proportions.

Vaillant va acquérir sans mal ce bagage indispensable auprès de deux peintres qui ont été ses professeurs : Marcel Baschet (1862-1941), maitre reconnu qui a alors déjà réalisé son portrait du jeune Claude Debussy et qui deviendra le portraitiste de nombreuses personnalités du début du XXe siècle (Clémenceau, les présidents Albert Lebrun, Paul Doumer etc.) et Ferdinand Humbert (1842-1934), peintre officiel inspiré par les scènes historiques et mythologiques mais aussi les portraits féminins. Ce dernier eut de nombreuses femmes peintres comme élèves assurant les premiers cours pour les jeunes étudiantes des Beaux-Arts qui, en ce début de XXe siècle, entraient enfin dans la prestigieuse école2.

L’inspiration bretonne

Fig. 3 – Le mousse de Camaret, l’œuvre daterait de 1905.

— PAYSAGISTE ET PORTRAITISTE

A la sortie de ses études, Vaillant réalise des œuvres personnelles dans la peinture de genre, les paysages et le portrait. Il peint en plein air, sur le motif et trouve une source d’inspiration importante en Bretagne. Il s’y lie d’amitié avec le peintre et graveur Charles Cottet (1863-1925), lui même grand amoureux de la région.  Il s’installe quelques temps à Camaret-sur-Mer, village côtier à la situation remarquable, au bout de la presqu’île de Crozon, dans le Finistère, et qui fut fréquenté un temps par Eugène Boudin et de nombreux autres peintres3. Sous l’influence de Cottet, il s’intéresse aux traditions bretonnes, à sa population et au travail difficile des pêcheurs.

— L’EXPÉRIENCE DE LA VIE MILITAIRE

Pierre Vaillant est recensé l’année de ses vingt ans. Il passe en conseil de révision et bénéficie d’un sursis d’incorporation. Depuis la loi Freycinet de 1889, la durée du service actif a changé passant de cinq à trois ans et les dispenses trop généreuses ont été réduites : elles ne permettent plus d’être exempté mais de réduire les trois années sous les drapeaux à seulement une année. Parmi les jeunes gens concernés par les motifs de dispenses, on compte les étudiants « qui ont obtenu ou qui poursuivent leurs études en vue d’obtenir un diplôme » de quelques unes des plus grandes écoles supérieures françaises. L’École des Beaux-Arts en faisant partie, le jeune Vaillant est concerné4. Il incorpore le 102ème régiment d’infanterie en novembre 1900 et, un an plus tard, est « envoyé en congé » avec le grade de caporal. Entre ce service actif et la mobilisation de 1914, Pierre Vaillant, l’âge avançant, est affecté à la réserve de l’armée d’active en 1902 puis dans l’armée territoriale en octobre 1912. Il est âgé de 34 ans.

— EXPOSITIONS ET SALONS PARISIENS

En 1905, Vaillant habite la rue Léopold Robert dans le VIème arrondissement parisien et, en 1907, la rue de Bagneux (aujourd’hui rue Jean-Ferrandi)  qui se situe entre le boulevard du Montparnasse et le boulevard Raspail. Cette dernière voie est alors particulièrement riche en ateliers d’artistes. Il déménage à plusieurs reprises ainsi dans le quartier du Montparnasse5.

Pour vivre de son art, un jeune artiste doit se faire connaître, se faire apprécier par ses pairs et obtenir, si possible, le soutien de quelques critiques et amateurs d’art tout en trouvant la faveur du public. Équation impossible à réaliser sans montrer ses œuvres dans les salons parisiens annuels.  Respectant son enseignement classique tout en intégrant dans sa peinture les mouvements de la lumière chers aux impressionnistes, Vaillant présente à partir de 1905  ses toiles au Salon des Artistes Français, salon annuel des artistes produisant des œuvres respectant tous les enseignements classiques des Beaux-Arts6. Il y gagne une médaille en 1913. Vaillant expose également au Salon (concurrent) de la Société Nationale des Arts dont il deviendra sociétaire après la guerre en 1921 et membre du comité en 1931. Dès 1907, il est présent également au Salon des Indépendants où il expose en 1907, Une ferme bretonne, Les lavoirs, La lande, en 1909, La chaumière au grand arbre et en 1911, La femme de Lesneven ; intitulés d’œuvres peintes qui confirment l’intérêt que portait Vaillant pour la représentation des paysages et des habitants de la Bretagne à cette époque.

Affiche du Salon des Artistes Français, 1905

Fig. 4 – Affiche due à Firmin Bouisset

 

— LA GUERRE

Deux jours après la mobilisation générale décrétée le 1er, Pierre Vaillant est à Chartres où se forme le 30ème régiment territorial d’infanterie auquel il est affecté7. Il est nommé immédiatement sergent, sans doute au vu de son âge, de son niveau d’étude et de son parcours militaire depuis son service actif. Avec ce grade de sous-officier, Vaillant encadre ainsi une trentaine d’hommes. Il a 36 ans. Il est un « jeune » territorial » car ces régiments comptent dans leurs rangs des hommes entre 34 et 47 ans. Dans l’iconographie populaire de la Grande Guerre, ce sont les fameux « pépères ». Ils étaient considérés comme manquant d’entraînement et de résistance physique pour le combat et, en conséquence, étaient affectés à des missions comme l’occupation et la garde de places fortes, le ravitaillement des troupes, l’accompagnement des prisonniers et très vite à des travaux dépendant du génie. Comme le montre les eaux-fortes de Vaillant, les travaux en question étaient loin d’être de tout repos : il s’agit notamment, du creusement et de l’aménagement des tranchées, de leur consolidation et de leur entretien, de la mise en place des barbelés, de l’entretien des routes mais aussi de travaux de terrassement pour notamment protéger les places fortes. C’est justement pour participer à transformer Paris en place forte que le 30è RIT se rend dans la capitale dès le 4 août. La menace d’envahissement par les troupes allemandes est prise très au sérieux. Jusqu’au 2 septembre, le régiment participe à la défense du Camp retranché de Paris.

Pierre Vaillant, poilu à la guerre

Fig. 5 – Autoportrait, en 1917

 

Dès le 5 août, une loi est votée afin d’autoriser, en cas de besoin, l’utilisation de la réserve et des territoriaux comme ressources de l’armée d’active. Dans l’Historique du 30ème régiment8, on peut ainsi noter que le 2 septembre, le 1er bataillon du régiment est envoyé occuper des positions en forêt de Montmorency lors de la bataille de la Marne. Puis, ces hommes retournent à Paris. Le régiment passe la fin d’année et le début de 1915 à occuper les forts dans Paris retranché et attaqué par les premiers zeppelins9.

A compter de mai 1915, le 30ème régiment territorial d’infanterie intervient en Argonne, il y restera toute l’année. Les hommes sont basés aux Islettes jusqu’en avril 1916, date à laquelle le régiment est appelé à Verdun. Les travaux effectués exposent les soldats parmi lesquels on compte, durant cette période, de nombreux tués et blessés par éclats d’obus. En mars 1916, Vaillant reçoit la Croix de guerre avec citation à l’ordre de la 125è division en ces termes : « Très bon sous-officier, très courageux, a maintenu ses hommes au travail par son exemple et sa fermeté pour la pose de fils de fer barbelés dans des endroits dangereux, battus par les balles, où deux hommes avaient été blessés. »  En avril 1916, Vaillant est promu au grade de sous-lieutenant. En arrivant sur le secteur de Verdun, le régiment s’établit à proximité du bois de Béthelainville (où se trouve aujourd’hui une nécropole de 1085 soldats français).

Les mois de mai et de juin sont particulièrement meurtriers. De nombreux travaux de nuit sont effectués par les territoriaux. Ils ont également en charge la création de boyaux reliant les tranchées et l’entretien des voies de communication. En juillet 1916, le 30ème RIT rejoint la 60ème Division d’Infanterie en Champagne à Tahure Somme-Tourbe en remplacement du 144ème régiment d’infanterie ; secteur qu’il occupe jusqu’en début avril 1917.

Le territorial

Fig. 6 – Type de soldat de la Territoriale tel que vu par les illustrateurs Leven & Lemmonier, 1915

 

Les territoriaux travaillant aux tranchées

Fig. 7 – Creusement des tranchées, eau-forte, Pierre Vaillant

 

Au moment de quitter ce dernier secteur pour rejoindre Suippes où un temps d’instruction et des travaux de construction sont prévus, on peut noter dans les félicitations qu’adressent le Général commandant la 60e DI, ces mots : « Dans les moments les plus difficiles, à l’avant comme dans les concours des spécialités à l’arrière, les hommes du 30e R. I. T. ont su montrer, à leurs camarades plus jeunes des régiments actifs, qu’ils étaient préparés à affronter toutes les circonstances de la guerre actuelle, et qu’il n’y a pas d’âge pour se dévouer utilement à la défense de nos droits sacrés ». Les travaux de réfection pris en charge par la territoriale peuvent parfois s’interrompre sous les obus : le 18 juillet 1917, trois soldats sont tués au « Ravin de Marmara », un quatrième est blessé et décède le lendemain à l’ambulance de Somme-Suippe. Les missions de ravitaillement vers les premières lignes coûtent aussi blessés et tués. Pendant le reste de l’année, le régiment porte un effort particulier au maintien en état de voies de communication. En janvier 1918, Pierre Vaillant est affecté au 101ème régiment d’infanterie. Ce régiment de ligne occupe un secteur proche, vers Souain, et vient de se battre avec acharnement dans des conditions climatiques très difficiles10. Les bataillons sont envoyés au repos vers Mourmelon-le-petit où ils doivent aussi « exécuter des travaux et plus précisément organiser une deuxième position sur laquelle le commandement compte arrêter l’Allemand, au cas où, dans une attaque que l’on prévoit déjà, il serait parvenu à enfoncer la première position ». Ceci explique, sans doute, les mouvements effectués à cette époque depuis les régiments de territoriaux et particulièrement les changements d’affectation de personnels d’encadrement comme Vaillant. En mars, le régiment est de retour en 1ère ligne, toujours en Champagne, et essuie des attaques allemandes par bombardement et ypérite. En mai, Vaillant est promu lieutenant. En cette année 1918, a t-il été blessé ou gazé ? Il semble qu’après guerre il ait souffert de plusieurs problèmes de santé qui l’ont handicapé. Quelques années plus tard, à l’occasion d’une visite médicale sous autorité militaire, il est noté ainsi, dans sa fiche matricule, des problèmes de rhumatismes sérieux au pied gauche et de l’hypertension qui semblent justifier une demande de pension temporaire d’invalidité. Pierre Vaillant est démobilisé en mars 1919. Il retrouve alors la vie civile et se marie dès octobre, à 41 ans, avec Elizabeth Froc, fille d’un avocat à la cour d’appel de Paris.

Vie intime du Poilu, 1921

Fig. 8 – Gravure d’un poilu écrivant dans un abri servant d’illustration pour la couverture du recueil publié en 1921

Les moissons dans la Beauce, 1928

Fig. 9 – Les trois décors de Vaillant dans l’hôtel des Postes de Chartres

— APRÈS LA GUERRE

C’est, sans aucun doute, sur la base de ses dessins de guerre, que Vaillant publie en 1921 cet ensemble d’eaux-fortes constituant sa description de la Vie Intime du Poilu édité chez Vernant et Dollé à Paris.

Durant ses études aux Beaux-Arts, en plus du dessin et de la peinture, Vaillant s’est formé à la pratique de la taille-douce. Il lui arrive de graver à partir de ses études des eaux-fortes qu’il expose en même temps que ses toiles. C’est le cas d’une Tricoteuse en 1921 au Salon de la Société Nationale des Arts dont il est sociétaire à cette date et de cinq gravures extraites de sa Vie intime du Poilu en 1922 au même salon (on peut consulter quelques gravures à l’eau-forte en ligne sur le site du musée des Beaux-Arts de Quimper à cette adresse).

Pierre Vaillant continue, après guerre, à manifester dans son œuvre son attachement à la terre bretonne et de façon plus générale à la vie rurale.

En 1926, une rétrospective de son travail a lieu au Salon des Indépendants, on y montre Les laveuses de Camaret-sur-mer, Paysan Breton, L’enfant au rideau blanc et La communauté à Plomévez réalisés avant guerre. Le peintre propose aussi des toiles représentant des figures féminines et des enfants. En 1931, il expose Le sommeil et Maternité au Salon d’Automne.

Vaillant conserve des liens forts avec l’Eure-et-Loir où son père vit jusqu’à sa mort en 1931. En 1928, il réalise une commande visant à décorer le très impressionnant hôtel des Postes de Chartres construit par un élève de son père, l’architecte Raoul Brandon. Les trois grandes scènes murales, dont il ne reste rien aujourd’hui, représentaient les travaux des champs dans la Beauce (Fig. 8).

En 1930, au Salon des Beaux-Arts, Pierre Vaillant reçoit le prix Charles Cottet (son ami et maître des années d’avant-guerre) décédé en 1925. Le prix récompense tous les ans un artiste peintre paysagiste.

Vaillant est cité, par ailleurs, comme professeur ayant exercé à l’académie de la Grande-Chaumière au début des années trente. 

En 1937, il expose à l’exposition internationale et est fait chevalier de la Légion d’honneur « pour 43 ans de carrière artistique et de services militaires » (JO RF 3/2/37 p.1422).

Pierre Vaillant décède à Chartres en 1939 à 61 ans.

NOTES

1. Les sources des informations biographiques sont le Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, d’Emmanuel Bénézit (Gründ, 1999), le Dictionnaire des graveurs, illustrateurs et affichistes (1673-1950) (Éd. Échelle de Jacob, Dijon, 2001), le Dictionnaire du Salon d’Automne (Éd. Échelle de Jacob, Dijon, 2001), le Dictionnaire du Salon des Indépendants (Éd. Échelle de Jacob, Dijon, 2001), les catalogues du Salon des Artistes Français (archive.org) ; les sources militaires sont citées plus loin.

2. D’autre sources cite Jean-Léon Gérome, peintre de scènes historiques et mythologiques, tenant également atelier aux Beaux-Arts depuis 1864. Il fut un peintre officiel à succès et un grand pourfendeur de la peinture moderne.

3. in Camaret, cité d’artistes, Jacqueline Duroc, Ursa – Le chasse-Marée, 1988, p.9

4. Liste des dispenses consultable dans une copie numérique du décret d’origine à cette adresse (education.persee.fr), page 617 (consulté en mars 2026)

5. Les adresses successives du peintre apparaissent dans les catalogues et dictionnaires consultés : catalogues du Salon des Artistes Français (1905, 1906, 1907, par exemple), Dictionnaire des Indépendants et Dictionnaire du Salon d’Automne, tous deux chez Échelle de Jacob éditeur à Dijon.

6. Le Catalogue du Salon des Artistes français de 1905, sous la direction de Ludovic Baschet, Bibliothèque des Annales, Paris, précise que Vaillant présente cette année là Sur la plage (no 1855) et Le petit loqueteux (no 1856)

7. Archives départementales de l’Eure-et-Loir / CHARTRES 1898 1R 476 / Matr. 450

8. Historique du 30ème régiment territorial d’infanterie dans Argonaute, la bibliothèque numérique de La contemporaine (O pièce 13477, consulté en mars 2026)

9. Journal de Marche du 30ème régiment territorial (26 N 780/1, Ministère des Armées) consulté sur Mémoire des Hommes (consulté en mars 2026)

10. Historique du 101ème régiment d’infanterie dans Argonaute, la bibliothèque numérique de La contemporaine (O pièce 13590, consulté en mars 2026)

ACCÉDER AUX EAUX-FORTES ↓
  • Les œuvres de Pierre Vaillant sont dans le domaine public (fig. 3, 5, 7 & 8 et visuels des eaux-fortes)
  • Fig. 1, 2 & 9 – © Droits possiblement réservés
  • Fig. 4 – Firmin Bouisset, domaine public
  • Fig. 6 – Droits réservés

Crédits photos, numérisations & éditions : © dessins1418.fr (fig. 6, 7 et 8), BnF/Gallica (fig. 4), crédit photo inconnu (fig. 3), Blomqvist Auksjoner (fig. 5)
Pour les dessins libres de droits, merci, en cas de copie et de publication, de reprendre les descriptions exactes et d’indiquer la source : dessins1418.fr

Source des dessins : collection La grande guerre en dessins / L.C. (fig. 6 et visuels des eaux fortes), BnF/Gallica (fig. 4), Collection particulière (fig. 1, 2 et 9), Wikicommons (fig. 3), Blomqvist Auksjoner (fig. 5)

Page créée le 30/03/2026 | Dernière modification le 02/04/2026